1967 en Angleterre  posté le vendredi 04 janvier 2008 09:59

 Si les années soixante sont une révolution culturelle et spirituelle, l’année 1967, aussi dite ‘Swinging London’ en Angleterre, en est le sommet. On voit apparaître des génies, des précurseurs, des originaux, dans pratiquement tous les domaines artistiques, et plus particulièrement en musique.En effet, si l’Amérique a régné en maître pendant les années cinquante, les Anglais sont bien décidés à rattraper leurs cousins, en s’inspirant du blues et de la country  pour certains, du rock&roll pour d’autres, tout en ayant leur propre style.  

 

  Londres est en ébullition. La jeunesse féminine, décomplexée et libérée, s’extasie devant des groupes bientôt cultes. En premier lieu, on pense aux Beatles, qui sortent en juin 1967 le prodigieux Sergent Peppers Lonely Hearts Club Band, chef d’œuvre psychédélique, qui sonne le début des conflits au sein du groupe, ceux-là même qui permettront au quatuor  de composer ses plus beaux albums, jusqu’en 1970 avec le sublime et intemporel Let It Be. Les Fab Four, pleins d’inspiration, sortent en décembre de la même année un autre grand disque, Magical Mystery Tour, avec, pour citer juste quelques morceaux, I am the Walrus signé Lennon, Strawberry Fields Forever, et Penny Lane.

Mais en 1967, les ‘Scarabées’ ne sont pas les seuls au sommet de leur art. Leurs premiers rivaux sont les Rolling Stones. Quatre gamins de Liverpool contre cinq garçons provocateurs, narcissiques, ambitieux et surtout étonnamment doués. Deux albums sortent l’année du Summer Of Love, Between the Buttons et Their Satanic Majestic Request, avec Ruby Tuesday et She’s A Rainbow, composé par l’angelot Brian Jones.

Durant le Swinging London, la tendance est au psychédélisme. La première personne qui vient à l’esprit est Syd Barrett, accompagné du Pink Floyd. Avec le groupe arrivent de nouvelles couleurs, un son nouveau, des morceaux plus longs et un univers différent. La sortie en août de leur premier album, The Piper At The Gate Of Dawn,  enregistré quelques temps plus tôt à Abbey Road, alors que les Beatles enregistraient Sgt Preppers, marque le début du rock psychédélique. Le jeune étudiant en architecture de Cambridge est le créateur de ce nouveau style, et par conséquent son icône et symbole. Et prenant du LSD, Roger Keith Barrett, à présent Syd Barrett, se plonge dans une démence hallucinée, et écrit les morceaux les plus novateurs et invraisemblables, avec des guitares agressives et accrocheuses, des voix planantes, et une dimension féerique. Mais lors des concerts, le dandy, dans un état second, est bien souvent incapable de jouer, ou part dans des improvisations inaudibles et interminables. Roger Waters et ses acolytes essaient de suivre le garçon renfermé, solitaire et difficile qu’est devenu Syd. Mais ce dernier sera exclu du groupe et remplacé par un certain David Gilmour en 1968.

Dans un registre plus pop, on retrouve les Zombies, avec le splendide Odessey and Oracles, qui sortira l’année suivante, alors que Time Of the Season monte dans les classements. Les compositions de Chris White et Rod Argent font belle alliance avec la voix raffinée de Colin Blunstone. En résulte un album quasi-parfait avec I want her She Wants Me, Changes et beaucoup d’autres. Odessey and Oracle représente la finesse caractéristique de la musique anglaise des années soixante, une dentelle légère et de fil blanc.

Après la sortie de Face to Face en octobre 1966, les Kinks continuent leur voyage à la plus haute altitude. Something Else est une perle entièrement signée du plus âgé des frères Davies, qui obtient par conséquent un titre  de maître en matière de pop britannique. Le cinquième album des quatre dandies est parfait de bout en bout, avec comme point d’orgue le fabuleux Waterloo Sunset, balade poétique menée sur le fil de la finesse, un autre symbole de la pop british dans ce qu’elle a de plus lumineux.  

Les Who participent eux aussi au Summer Of Love avec Sell Out, mais leur année de gloire sera 1969 avec la sortie de leur opéra rock Tommy.

 

   Avec cette musique nouvelle vont les pochettes d’album, toujours plus originales, comme celle de Sgt Peppers par Peter Blake, un des peintres anglais les plus importants de cette période. Dans l’art pictural, on trouve des couleurs plus vives, plus chaudes, et des lignes courbes. En témoignent les multiples affiches de concerts.

 Coté design, les artistes adoptent la matière plastique, alors que de nouvelles techniques cinématographiques apparaissent. Lors des concerts, des artistes projettent des bandes vidéo aspergées d’encre de couleurs, découpées, ou encore superposées, en adéquation totale avec la musique. Celle-ci est primordiale, et doit être choisie avec goût, comme par exemple dans les courts métrages de  Ronald Nameth, voyageant aux Etats-Unis, de New York à la Cote Ouest qui dans San Francisco, utilise une version longue d’Interstelar overdrive de Pink Floyd.

1967 est l’année de toutes les expérimentations sonores et picturales. La plupart des artistes présents lors du Swinging London sont maintenant des icônes, par leur créativité et parfois aussi par leur destin tragique, comme la descente aux enfers de Syd Barrett qui, mort l’été passé, a vécu trente ans dans l’ombre, tel un légume (comme beaucoup disent), chez sa mère à Cambridge. L’envers de cette année magique, ce sont les drogues, et les épisodes qui se sont produits derrière le rideau,  mais qui sont eux bien souvent oubliés. Tant mieux.

Autres groupes:

The Small Faces

The Pretty Things

Nick Garrie - Hamilton

The Artwoods

The Hollies

 Billy Nicholls

The Sorrows

The Creation

The Left Banke

The Smoke

The Action

The Primitives

David Jones

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Année 2007 (Divers) posté le mercredi 02 janvier 2008 21:32

En ce début d’année 2008, une petite rétrospective de l’année juste achevée s’impose. Les grandes tendances ? Encore du fluo, des minets anglais, une scène indé américaine toujours plus riche. Cette année, la hype était en terre britannique, avec entre autres les Klaxons, The Gossip, The Coral, Amy Winehouse, les Arctic Monkeys (avec leur deuxième album), ou encore les Wombats. Et comment ne pas louper le coup de promo de Radiohead. Le tout est de faire preuve d’oreille.

Certains groupes sortaient du lot, comme Cold War Kids, le retour des Rakes, mais les bons albums se trouvaient surtout du côté des valeurs sûres. Ces groupes qui nous font toujours des bonnes surprises. Il y eut pour commencer Arcade Fire, avec un deuxième album à la hauteur, dans la lignée de Funeral, un troisième album des Kings of Leon surpuissant, un retour en force de Pete Doherty avec Babyshambles, le magnifique No Shouts No Calls d’Electrelane, et la métamorphose de Pj Harvey.

Chez nos anciens, Macca nous a pondu un bon album (Memory Almost Full) et Neil Young a suivi.

En France, Betrand Burgalat et les Hushpuppies ont de remarquables albums, comme quoi on n’est pas obligés de chercher en permanence au-delà de nos frontières.

L’année 2007 fut un bon cru, si l’on cherche au-delà des groupes vendus d’avance, vite appréciés et sûrement vite oubliés.

 

La playlist:

Arcade Fire - Black Mirror

Electrelane - The Greater Times

Paul McCartney - Dance Tonight

The High Lamas - Old Spring Town

Bertrand Burgalat et Donna Regina - Happy Between

PJ Harvey - White Chalk

Elliott Smith - Pretty Mary K

The Willowz - Evil Son

The Kings Of Leon - Charmer

The Bishops - I Can't Stand It Anymore

Lavender Diamond - Like An Arrow

The White Stripes - Rag and Bone

HushPuppies - Broken Matador

The Rakes - The World Was A Mess But His Hair Was Perfect

 

Pour terminer, une interview d'Electrelane puis In Berlin, joué brillamment pendant leur passage à Paris pour Les Femmes S'en Mèlent à La Cigale, histoire de regretter encore plus leur séparation.

Bonne année à tous!

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pause  posté le dimanche 16 décembre 2007 21:20

Blog de themodernage : The Modern Age, pause

 

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Hushpuppies, la Cigale le mardi 4 décembre 2007 (Les Concerts) posté le dimanche 09 décembre 2007 14:57

Blog de themodernage : The Modern Age, Hushpuppies, la Cigale le mardi 4 décembre 2007

Cela faisait longtemps que les Hushpuppies n'avaient pas fait de concerts à la capitale. Pour l'occasion, on les attendait au plus haut de leur forme. Il entrent sur scène, et jouent tout de suite You're Gonna Say Yeah! . L'ambiance monte d'un coup, et la planché de la Cigale remue bien plus que d'habitude grâce à l'enthousiasme d'un certain nombre d'admirateurs et à quelques Catalans venus pour l'occasion. Les Hushpuppies enchaînent les morceaux des deux albums, le groupe dégage une énergie folle, surtout sur Pale Blue Eyes, Moloko Sound Club, Down Down Down et Single. Pure folie pendant Bad Taste and Gold On the Doors, pure classe avec Broken Matador, et le show s'achève avec Hot Shot, les cinq Perpignanais sont à bout de souffle.

Quelques cris et les Hushpuppies réapparaissent. A la grande joie de la fosse, ils entament les premiers accords de HUSHPUPPIES. Et pour bien terminer, le furieux Packt Up Like Sardines in A Crush Tin Box. Pour leur retour à Paris, les Hushpuppies nous mettent une nouvelle claque en enflammant la Cigale.

 

J'ai eu un pressentiment positif la veille dans ma voiture en allant au boulot quand, écoutant "Silence is golden" pour la 4eme ou 5eme fois, j'ai enfin eu la révélation, c'est à dire le moment où le disque te chope vraiment et te lâche plus, alors que sur les premières écoutes, ça restait du genre "ouais super bien produit, c'est bien du Hushpuppies y'a pas à dire, du bon boulot, je ré-ecouterais bien the Trap ...", bref le long cheminement du grand disque, celui qui te fait pas le coup de foudre, la grande tape dans le dos, mais qui t'a plutot sur la distance, parce que y'a du boulot, de la matiere, du fond et de la forme,  le genre d'experience qu'il faut accepter pour aimer n'importe quel disque de ... allez au hasard les Strokes, Costello, les Smiths, PJ Harvey et plein d'autres qui sont devenus nos amis pour la vie et pas que des bons copains d'un jour.
Alors pour ce qui est du 4 décembre a la Cigale, comment dire ...   ca va paraitre un peu osé comme comparaison mais quand j'ai vu la rediff du concert de McCartney a l'Olympia l'autre jour, ca m'a fait un peu le meme effet: tout ça parait si simple et naturel, un gars sur scêne (ou un groupe pour les Hush) et le bonheur de jouer a fond ... sans se la jouer. La comparaison s'arrete la evidement, y'a pas écrit Nagui non plus sur mon front dégarni ! 
En tout cas ce mardi soir, c'etait bien beau !
Pecou
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Electrelane au Trabendo le 24 novembre 2007 (Les Concerts) posté le mardi 27 novembre 2007 23:07

Blog de themodernage : The Modern Age, Electrelane au Trabendo le 24 novembre 2007

Il y a quelques semaines, on apprenait qu’Electrelane mettait un terme à son aventure, pour des raisons plutôt floues. Tout le monde attend donc une prestation brillante pour le dernier concert parisien du quatuor surdoué.

A l’ouverture, Verity, Emma et Rose viennent au merchandising, histoire de discuter un peu. Les deux premières parties passent ; Anni Rossi fait ce qu’elle veut de son alto, alors que Tender Forever fait preuve de beaucoup de cran. Electrelane arrive ensuite sur scène pour faire leur balance, avant de commencer leur set. Le son est parfait, et le groupe est à son meilleur niveau. Mia torture se guitare, Emma frappe sèchement, donnant une rythmique parfaite. Les meilleures chansons de No Shouts No Calls, The Power Out et Axes sont jouées avec beaucoup d’intensité. En jouant In Berlin, The Greater Times, This Deed, le groupe prouve qu’il est un des plus créatifs, des plus originaux de son temps, plus intéressant que la plupart. To The East est une véritable tuerie, une entrée des instruments progressive, une sublime agressivité, est la fosse devient folle.

Le concert se termine après deux rappels de folie, et le moment est inoubliable. A leur sortie de scène, comment ne pas être déçu ? Electrelane a signé l’album de l’année, a donné des concerts intenses, sortant à chaque fois sous l’ovation du public. Chaque musicienne est essentielle dans le groupe, apporte sa touche d’inspiration.  Les filles ont une rythmique d’exception, des riffs impressionnants, et des mélodies brillantes.

On leur souhaite en tout cas une suite de carrière réussie, et on attend la d’un groupe avec de telles capacités et un si grand talent au plus vite.

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