
Il est essentiel de revenir sur l'un des albums les plus importants, mais aussi des plus influents des années 1960. Important par sa perfection, influent par ses envolées créatives.
Depuis 1965, les Zombies ne sont qu'un petit groupe gentillet, des garcons pas trop dans le vent. Un seul tube a leur actif, She's Not There, et puis une renommée très mince, et un vide total.
Avec une misérable prime de la maison de disque, les Zombies se remettent au travail, bien décidés à surpasser tout le monde. Rod Argent et Chris White développent leur plume, afin de mettre la voix angélique de Colin Blunstone encore plus en valeur. Des élans psychédéliques sont accompagnés de mouvements de cordes à l'aspect baroque, de claviers totalement déroutants. En résulte une pop pure d'une finesse inespérée vu le peu de moyens sacrifiés pour le groupe.
Mais l'injustice sévit, et Odessey and Oracle, qui sort en 1968, n'éveille que très peu d'intérêt. Découragé, le groupe se décourage, et Chris et Rod décident de quitter les Zombies, mettant fin à l'aventure peu chanceuse du groupe.
Pourtant, Odessey and Oracle est un des seuls albums sur lequel la discussion peut être close, dès lors qu'on conclue qu'il est tout simplement parfait. Incontestablement. De l'incroyable Care of Cell 44, à l'envoutant I want her she wants me, se fait ressentir l'époustouflante brillance de l'album. Un album ancré dans son époque, qui n'a pourtant pas pris une seule ride. De splendides chansons, sur lesquelles le temps n'a pas d'emprise. Les instrumentations, comme sur Time of The Season, sont justes, inventives. Aujourd'hui encore, une multitude de groupes est largement sous l'influence de ce disque tellement énigmatique. Difficile de comprendre pourquoi Odessey and Oracle n'a pas été, à l'époque, traité à sa juste valeur, qui sait alors quelle aurait pu être la fin de l'histoire.






