The Kills avaient le choix: surfer sur la vague de Now Wow, rester un groupe anglais dans le vent, hype jusqu'au bout des doigts, mais pas vraiment important.
Mais le troisième album est aussi le bon moment pour s'affirmer et évoluer, comme l'ont par exemple fait les Strokes. Le rock primitif et brut que l'on connaissait est toujours aussi fiévreux, et frole la colère.
Le premier point fort des Kills, c'est leur son, si propre à eux seuls. Sec, accrocheur, rugueux, serré, et surtout personnel. Cela fait du duo un des meilleurs groupes du moment capable de pondre un album aussi frais qu'improbable. Deuxième point: la complémentarité; VV et Hotel apportent chacun leur pierre à l'édifice, pour en dégager une énergie, une densité rare. Ensuite, les Kills ont une classe indéfinissable. Leur musique dégage une sensualité, des sentiments enfouis et prend donc une dimension plus importante, une plus grande ampleur. Pour finir, le chant affolé de VV.
Midnight Boom regroupe des chansons aux rythmes entêtants, aux univers fascinants. Certaines nous laissent vides de réaction, pleins d'adrénaline (Tape Song, Last Day Of Magic, Alphabet Pony ); et que dire des excellents What New York Used To Be, Cheap and Cheerful originaux et très bien instrumentalisés.
Midnight Boom est un splendide album, aux multiples facettes, bouillonnant de fureur, trépignant d'énergie, de quoi donner du fil à retordre à une vague de groupes garage et underground et leur faire prendre leur envol.





